Contexte. Le fer (Fe) est un micronutriment essentiel à la croissance et au développement des plantes, car il est nécessaire à l’activité de plusieurs enzymes impliquées dans des processus fondamentaux tels que la photosynthèse et la respiration. La disponibilité de ce micronutriment pour les plantes dépend de la nature du sol et de la capacité de la plante à l’absorber. Afin d’éviter toute carence ou excès qui pourrait être préjudiciable, les plantes ont développé des mécanismes moléculaires sophistiqués pour maintenir l’homéostasie du Fe. Une cascade de facteurs de transcription (FT) contrôle ce processus en régulant l’expression des gènes impliqués dans l’absorption, le transport et le stockage du Fe. Comprendre comment cette cascade est régulée pourrait aider à améliorer la productivité des espèces cultivées tout en limitant l’utilisation d’intrants (ferriques), qui sont à la fois onéreux et dont l’utilisation dans le cadre d’une agriculture moderne est discutable.

Question. L’homéostasie du fer dans les plantes repose sur l’activité de plusieurs FT. Cependant, la manière dont ces activités sont coordonnées reste une question non encore totalement élucidée. Nous avons récemment identifié ILR3 comme étant un FT qui joue un rôle essentiel dans le maintien de l’homéostasie du Fe chez Arabidopsis thaliana (Tissot et al., 2019 – New Phytol). Dans le cadre de cette étude, nous avons utilisé ILR3 comme cible afin d’identifier de nouveaux acteurs clés qui participent au contrôle de l’homéostasie du Fe.

Résultats. bHLH121 interagit avec ILR3 et ses homologues les plus proches. Les mutants perte de fonction (bhlh121) présentent de graves défauts d’homéostasie du Fe qui peuvent être inversés par un apport exogène de Fe, in vitro ou dans le sol. bHLH121 agit en amont du réseau de régulation de l’homéostasie du Fe en régulant directement l’expression des gènes codant pour la plupart des FT et des protéines / peptides impliqués dans ce processus. Enfin, la disponibilité en Fe ne module pas l’expression de bHLH121 mais affecte plutôt sa localisation protéique, notamment au niveau racinaire.