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Mise à jour 19/05/2008

Photo © M. Tauzin


Rhynchophorus ferrugineus,
Entretien sur les aspects reglementaires avec Michel Larguier.





      Michel Larguier est chef du Service Régional de la Protection des Végétaux DRAF Languedoc-Roussillon. Nous lui avons posé 9 questions autour des aspects réglementaires concernant le charançon rouge.



    1. JBP : Depuis 1994, date de détection de Rhynchophorus en Espagne, quelle est la première loi européenne puis française permettant une limitation de la diffusion de Rhynchophorus en Europe et en France?


      ML : La décision de la Communauté européenne 2007/365/CE du 25 mai 2007 imposant en particulier un passeport phytosanitaire pour tout palmier circulant dans l'UE est une mesure d'urgence : elle n'a donc pas besoin d'être transcrite dans le droit français pour être mise en oeuvre. Elle constitue à la fois la première réglementation européenne et française à l'égard de cet organisme nuisible.



    2. JBP : Comment s’applique cette décision sur le terrain ? Quelles sont les institutions réalisant les contrôles ?


      ML : Les contrôles sur les palmiers se font d'une part lors des importations en provenance des pays tiers, dans le point d'entrée communautaire de Marseille. La mise en place du dispositif « passeport phytosanitaire européen » sur la filière palmiers passe par l'immatriculation des établissements producteurs et revendeurs, et le respect d'un protocole visant à assurer la traçabilité des lots de palmiers, leur protection en zone délimitée et leur surveillance régulière. Les contrôles sont réalisés par l'Organisme national de la protection des végétaux, à savoir les SRPV.



    3. JBP : Existe-t-il des statistiques sur le nombre de contrôles effectués chez les pépiniéristes ou lors du transport ?


      ML : Depuis 2006, des inspections vis à vis du charançon rouge sont menées par le SRPV chez les pépiniéristes et les revendeurs de palmiers : 80 établissements vus en 2006 et autant en 2007. Par ailleurs, le SRPV et la FREDON répondent aux appels liés à la filière palmiers : 94 appels en 2006 et 170 appels en 2007.



    4. JBP : Qu'en est-il de l'autorisation provisoire de l'imidachlopride (substance active contenue dans les produits phytosanitaires Confidor et Gaucho) ou d'autres substances ?


      ML : Le Confidor a eu une dérogation d'une durée de 120 jours qui est maintenant forclose. A ma connaissance, il n'est pas prévu de renouvellement de cette dérogation, ni de dérogation supplémentaire.



    5. JBP : Les FREDON Corse et LR sont responsables du piégeages du charançon mais en PACA, il semble que le SRPV en soit responsable, d'où vient cette différence ?


      ML : Concernant les différences d'organisation entre les régions, elles sont dues aux circonstances locales, sachant que les SRPV et les FREDON travaillent de façon étroitement liée. Les FREDON bénéficient d'une délégation de mission de service public pour les thèmes liés à la santé des végétaux, et elles sont subventionnées à cette fin par les SRPV.



    6. JBP : Existe-t-il une centralisation des données des piégeages de Rhynchophorus en France ?


      ML : Les données sur le piégeage sont centralisées au niveau régional par le SRPV et la FREDON. Ces données sont transmises au rapporteur national sur ce thème pour les services de la protection des végétaux : M. Eric C., qui est un agent de la FREDON PACA.



    7. JBP : Quelles sont les lois et décisions à venir (en gestation) concernant le charançon ?


      ML : Je n'ai pas d'information sur des textes réglementaires qui devraient prochainement être publiés. Un réexamen de la décision communautaire est toutefois prévu.



    8. JBP : Comprenant la nécessité d'abattre les palmiers très infestés, pensez-vous que cette action combinée à la détection des foyers par piégeage, à l'inspection visuelle des palmiers et au passeport phytosanitaire est une stratégie en soit qui permette d'éradiquer le charançon?

      - Si oui, pourquoi cela n'a-t-il jamais permis l'éradication ailleurs?

      - Si non, quelle stratégie pense adopter les DRAF/SRPV/FREDON et le ministère dans les mois qui viennent?


      ML : L'éradication du CRP à l'intérieur des zones délimitées est un objectif fixé par la Commission au travers de la décision 2007/365/CE. En pratique:

      - l'éradication d'un organisme nuisible n'est possible que dans les situations où les premiers foyers sont rapidement détectés et assainis;

      - le choix et la mise en oeuvre des mesures de lutte ne peut se faire que dans la limite des moyens disponibles des intervenants contre ce ravageur.

      Les mesures de lutte actuellement mises en oeuvre répondent à ces contraintes, et la France rendra compte de l'évolution de la situation à la Commission, comme les autres États membres. Il appartient à la Commission de faire un examen des résultats observés à la suite de la décision 2007/365/CE. Nous verrons alors si l'objectif de l'éradication est maintenu par la Commission. La stratégie de la région Languedoc Roussillon s'inscrit dans le cadre réglementaire actuel, et sur la base de la situation CRP actuellement connue en région. Si l'un de ces facteurs devait évoluer, nous adapterions la stratégie.



    9. JBP : Quel est l'obstacle à ce que la France demande une dérogation permettant les expérimentations encadrées sur sites infestés (comme, je crois, en Italie?), mesure qui permettrait de tester en conditions réelles le plus rapidement possible les nouveaux moyens de lutte?


      ML : Concernant une dérogation à l'obligation d'arrachage des palmiers infestés par le CRP en vue de faire des expérimentations, le dispositif réglementaire est actuellement verrouillé par la décision communautaire qui vise l'éradication. Une dérogation n'est possible que si un texte réglementaire prévoit cette possibilité, ce qui n'est pas le cas de la réglementation communautaire actuelle. Là encore, il faudra voir l'évolution de la position de la Commission, et si elle souhaite modifier la décision actuellement en vigueur.



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