Centre INRA de Montpellier
























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Mise à jour 04/04/2007

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Paysandisia archon, tour d’horizon des méthodes de lutte autres que la glu.



      L'arrêté du Ministère de l’Agriculture daté du 07/02/2002 modifiant l’arrêté du 31/07/2000 Annexe B classe «Paysandisia archon comme un parasite de lutte obligatoire sous certaines conditions» **.

      La première méthode de lutte envisagée contre l’expansion de Paysandisia archon fut l’abattage systématique dès les premiers symptômes, suivi d’une incinération du palmier. Cependant, les foyers étant déjà multiples et le transport de palmiers étant toujours non réglementé, la dispersion naturelle du papillon a été très efficace, rendant difficile la mise en place d’un diagnostic systématique à grande échelle. Les résultats préventifs ont donc été logiquement insignifiants.

      Paysandisia archon ensachage préventif des palmiers à Montpellier
      Paysandisia archon ensachage préventif des palmiers à Montpellier
      Paysandisia archon ensachage préventif des palmiers à Montpellier
      Photo © J.B. Peltier
      L’ensachage préventif des palmiers à Montpellier.

      La seconde méthode moins drastique – destructive - a été la pose de filet de type "anti-grêle" sur les palmiers infestés afin de limiter la dispersion du ravageur. L’application de cette méthode pour les gros sujets s’est aussi heurtée à l’esthétique déplorable de l’ensachage et au destin assez inéluctable pour le palmier infesté ensaché. Par contre, cette méthode peut être utilisée en préventif pour le particulier possédant un jeune palmier non infesté.

      Parmi les autres méthodes de lutte envisageables, certaines sont peu prometteuses, comme l’indiquent par exemple les premières données pour la confusion sexuelle. Le mâle de Paysandisia archon est en effet territorial et la femelle n’émet, semble-t-il, qu’une phéromone de reconnaissance à courte distance.

      Le piégeage chimique de Paysandisia archon à partir des substances volatiles émises par le palmier (kairomones) peut faire partie de stratégies à long terme (5-10 ans) pour le diagnostic. Cette voie ne semble cependant pas être étudiée pour le moment.

      La lutte biologique est le système durable par excellence, lorsque, dans les cas les plus favorables, il ne requiert pas d’interventions humaines. Les données actuelles concernant Paysandisia archon sont malheureusement maigres et un effort conséquent devrait être fourni afin de récolter rapidement des informations concrètes. Cette stratégie à long terme (5 à 10 ans) nécessite, bien sûr, l’adaptation du ravageur / parasite / pathogène aux conditions locales et la vérification de son innocuité sur cette même faune / flore locale.

      La lutte chimique a permis dans de nombreux cas de contrôler les populations de ravageurs. L’utilisation des pesticides a été multipliée par 32 entre 1950 et 1986 et leur utilisation excessive a parfois conduit, comme tout le monde le sait, à des désastres écologiques dont on commence à mesurer l’ampleur. Les insectes sont parmi les êtres vivants les plus résistants et il est donc presque illusoire de penser qu’une molécule active les anéantissant, n’aura pas d’effets « collatéraux » dommageables sur les autres organismes vivants. La nuisance engendrée par un nombre, somme toute très limité, d’insectes est souvent due à nos modes de culture et/ou de gestion inadaptés. Nos réflexes sont là et la souplesse d’utilisation du traitement insecticide toujours attirante. Aucun insecticide n’est à ce jour homologué pour le traitement sur palmier. Compte-tenu, tant des caractéristiques biologiques de la chenille endophage, que de celles de son hôte - monocotylédone à feuilles coriaces-, l’efficacité des produits commerciaux est souvent trop faible. Certains produits montrant une efficacité sont interdits en France, pour des raisons que l’on n’a pas à regretter.

      Enfin, outre son impact souvent néfaste sur l’environnement, l’insecticide souffre de maux récurrents à savoir :

      1. Une hydro-solubilité importante, pratique pour l’application, mais désastreuse en cas d’intempéries.


      2. Une durée de vie courte (de quelques jours à quelques semaines) recherchée effectivement pour les plantes vivrières permettant une commercialisation rapide. Ces insecticides sont adaptés pour répondre à une attaque ponctuelle, limitée dans le temps, ce qui diffère notablement de l’attaque de Paysandisia archon qui est présent de juin à septembre.


      3. Les grandes difficultés à les tester aisément, car l’efficacité des produits dépend de leurs rémanences et des conditions locales.


      4. La mise sur le marché de produits dangereux dont l’emploi aisé est laissé à la grâce de… l’utilisateur, conduira inévitablement ce dernier à sur-doser le produit.


      En bref, le désespoir de voir dépérir les palmiers pousse certains à des solutions non recommandables allant de « l’ultracide au gazole », en passant par le xylophène, le lannate et le zolone ou le decis, mais certains jardins et pépinières devront bientôt disposer d’un cordon sanitaire autour d’eux ! Aucun répulsif n’est à ce jour connu contre Paysandisia archon. Il est également important de noter que les floraisons spectaculaires (et bien odorantes) des palmiers Brahea, Jubaea, Washingtonia sont souvent estivales et visitées par de nombreux insectes (abeilles en particulier) très sensibles aux mixtures précitées.


      ** Voir {Luttes et contrôles\Paysandisia archon la réglementation}
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