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La branche française du réseau européen des associations de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale. EAPN-France

Chaire Unesco "Alimentations du monde"

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L’Unité Mixte de Recherche Innovation et Développement dans l’Agriculture et l’Agroalimentaire développe des travaux de recherche sur les processus d’innovation  considérés comme des processus d’action individuelle et collective aux niveaux technique et organisationnel. UMR Innovation

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Dominique Paturel
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Les récents débats sur la diminution des subventions européennes pour le Programme d’aide alimentaire aux plus démunis (PEAD) et leurs médiatisations ont propulsé l’aide alimentaire en première ligne comme symbole des retombées de la crise sociale, politique et économique actuelle. Le dispositif français contemporain, élaboré sous l’influence de Coluche en 1985, doit se réorganiser pour faire face aux changements en cours. Quant au dispositif européen , après l’arrêt de la cour européenne de juin 2011 à la suite d’un recours déposé par six pays, lui aussi doit trouver une nouvelle forme d’organisation en accord avec le traité de Lisbonne.

La massification des processus de précarité et de pauvreté entraîne de plus en plus de personnes à chercher des solutions pour accéder à l’alimentation. On assiste à une multitude d’initiatives : groupements d’achats informels, jardins partagés,  troc, glanage, partage et échange des produits de l’aide alimentaire…

Le Plan national pour l’alimentation (PNA) de 2010 prend le relais d’une montée en puissance de la problématique de sécurisation alimentaire des plus précarisés : l’aide alimentaire devient alors une des réponses à cette forme d‘exclusion.

L’augmentation des utilisateurs de l’aide alimentaire est fortement relayée par la presse depuis 2008-2009 ; cette campagne de presse qui s’appuie sur les derniers rapports d’activité des opérateurs de cette distribution alimentaire, pose comme une évidence le fait qu’il faut augmenter les moyens de ces derniers, sous peine de laisser une frange grandissante de la population avoir faim. Pour autant, l’offre alimentaire est largement suffisante en quantité et en qualité et personne en France, ne meurt de faim ; mais il y a bien une population (environ 2,5 millions de personnes) qui ne peut accéder à une alimentation de qualité et en quantité suffisante. Il existe aujourd’hui un problème d’insécurité alimentaire ; cette insécurité n’est pas générée par un manque de production ou de l’insuffisance de réseaux de distribution mais par l’insuffisance de revenus d’une partie de sa population. De plus, cette question de l’accès à l’alimentation fait partie des enjeux mondialisés des systèmes alimentaires et la politique européenne, à cet égard, en est bien le reflet.

L’aide alimentaire est dans une course en avant, « coincée » entre la montée de la pauvreté et  la logique gestionnaire inhérente à tout projet. Son mode d’organisation, basé principalement sur le circuit long en fait un acteur du marché pour l'accès à l’alimentation.
Le paradigme mis en œuvre relève du pragmatisme : face à la montée des besoins, il faut organiser la réponse et optimiser sa mise en œuvre.

Au niveau local, des organisations à visée citoyenne prennent appui sur la question de la dépendance alimentaire pour reposer l’enjeu du lien social. Il s’agit pour elles de chercher à reconstruire des formes d’autonomie par le développement de pratiques d’autoproduction, d’entraide, de solidarités de proximité, etc… en favorisant une mixité sociale propice à générer un sentiment positif d’inscription dans une collectivité : par exemple, les circuits courts offrent l'opportunité de réappropriation du lien entre alimentation et conditions de sa production. La mise en œuvre de ces pratiques ne peut être standardisée dans la mesure où elles s'appuient sur un jeu d’acteurs et d’interactions propre à chaque contexte. Ces approches, à visée qualitative ou citoyenne traduisent un investissement dans une modification des comportements et des représentations dans le but de développer de l’autonomie, de l’équité économique, de la mixité sociale et d’enrayer, autant que faire se peut, le schéma de la dépendance alimentaire.

Fort de ces constats, cette Conférence a pour objectif d'engager le débat à partir  de ces approches différentes et d'enrichir les réflexions des associations, des institutions et des chercheurs autour de ce que pourrait être le droit à l'alimentation.

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