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Figure 5 : Croisement de la qualité de sol et de la tâche artificialisée
6.3. Les effets de la diffusion de données quantifiées : la
structuration progressive d'un réseau autour d'un nouvel
objet de gestion
La quantification de phénomènes (ici, le potentiel agronomique et l'étalement
urbain) sous la forme de « produits médiatiques » quantitatifs (ici, des bases de
données, des cartes, des indicateurs) réduit les incertitudes sur ces phénomènes
en offrant des représentations simplifiées. Cette réduction des incertitudes passe
par une série d'opérations supposant des choix, compte tenu des contraintes,
comme on a pu le décrire précédemment :
l
· a mise en nombre et en variable (ex : les unités de sol, artificialisé/non
artificialisé) ;
la mise en modèle traduisant des relations entre variables (ex : les Indices de
·
Qualité des Sols (IQS), les Classes de Potentiel Agronomique des Sols (CPAS),
les indicateurs d'étalement) ;
la mise en cartes (cartes du potentiel agronomique, cartes de l'évolution de
·
la tâche artificialisée) ;
la mise en mots à travers la définition des postes de légende, des titres des
·
cartes, et des éventuelles définitions et commentaires accompagnant ces
cartes).
Une fois fabriquées, ces représentations quantitatives peuvent alors circuler dans
l'espace numérique. Dans le cas décrit ici, plusieurs organismes ont déjà commencé
à diffuser ces produits : la DRAAF LR, la DDTM 34, l'UMR TETIS, l'association SIG
LR, comme en témoigne le site de la DDTM (figure 6).
Figure 6 : Capture d'écran du site de la DDTM de l'Hérault (22/08/2011)
Ces représentations quantitatives permettent de rendre visible le phénomène
d'artificialisation des terres agricoles dans différentes communautés, telles que
par exemple les services technico-administratifs de la planification territoriale,
les bureaux d'étude, mais aussi les autres acteurs directement concernés,
tels les propriétaires fonciers, les agriculteurs, les promoteurs immobiliers,
les aménageurs... Elles constituent alors une base objective de départ pour
débattre de ce phénomène et confronter ces représentations à d'autres produits
quantitatifs ou d'autres visions de ce phénomène. Elles suscitent d'autant plus
de réactions, voire l'émergence de controverses, qu'elles jouissent d'un « effet
de vérité » lié à leur format (nombre, carte) et qu'elles portent sur la question
du foncier, particulièrement sensible compte-tenu des enjeux financiers et des
stratégies qu'elle engendre.
L'analyse du processus de diffusion et de réception de ces produits dans les
premiers services des DDTM en Languedoc-Roussillon (services d'étude et de