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local (Pays Cathare, UNADEL...), l'élaboration du projet de territoire a très
largement mobilisé les élus comme les acteurs professionnels et les citoyens.
Dans la dernière étape d'écriture de la Charte et d'élaboration du programme
d'action, un groupe d'habitants et de socioprofessionnels, constitué en Comité
de Pilotage, émergera comme un collectif citoyen impliqué dans la démarche du
Pays. Ainsi en préambule de la Charte, il est rappelé que pour son écriture, 839
personnes ont participé à au moins une des 68 réunions.
La contribution du Conseil de développement à l'initiative de choix
de gouvernance novateurs
Précédant de quelques mois la mise en place du Syndicat Mixte composé des
six EPCI, ouvert aux représentants du Conseil général de l'Aude et élargi aux
consulaires, l'association du Conseil de développement sera créée en juillet
2005. Un principe de « tirage au sort » des administrateurs est inscrit dans les
statuts avec l'intention d'éviter des processus de personnification de la fonction,
au détriment d'une réflexion et d'une parole collective. Mais le sort écartera du
Conseil d'administration des membres historiquement impliqués et désignera
des personnes justement enclines à ces jeux de pouvoir ! De nouveaux statuts
mettront fin à cette fausse bonne idée de la vertu d'une gouvernance « aléatoire
». Ils souligneront plutôt la nécessité de renforcer la représentativité de micro-
territoires divers et éloignés, mais aussi des centres d'intérêt multiples de leurs
habitants. Cet obstacle dépassé, il s'agira aussi d'accompagner la mutation d'une
dynamique collective vers une véritable instance de participation citoyenne.
Dès 2005, la centaine d'habitants, agents de terrain et élus locaux adhérents de
l'association, est invitée à participer aux réflexions de plus d'une douzaine de
commissions thématiques. Après deux ans de fonctionnement, cette participation
évolue vers des formes diverses :
expertise citoyenne dans le cadre de mobilisation pour l'accès au Haut débit
·
ou la création d'un Lycée à Lézignan-Corbières ;
implication dans des instances traditionnellement réservées aux structures
·
techniques et institutionnelles : Université de la Vigne et du Vin, schémas sur
le tourisme ou les services ;
expression de besoins et d'élaboration d'outils dans les domaines culturels,
·
de la communication ou de l'enfance jeunesse ;
animation de débats, construction d'argumentaires et engagement d'actions
·
« militantes » sur les enjeux de l'habitat et de l'énergie.
Jusqu'en 2010, chaque année est aussi ponctuée d'échanges et de rencontres à
l'occasion de :
« la Fête du Pays » conçue sur le principe d'animations rayonnant sur tout le
·
territoire et d'organisations tournantes sur chaque EPCI ;
séminaires associant les membres du Conseil de développement avec des
·
élus et des techniciens pour évaluer la pertinence des actions présentées au
regard des objectifs de la Charte.
Des temps de formation, comme un voyage d'étude dans un autre Pays (Pas-
de-Calais), ont aussi contribué à consolider le socle des valeurs communes et la
compréhension des enjeux croisés du Territoire.
Le principe du thème fédérateur, pour une participation concrète
et efficace
Ce fameux « essoufflement », qui s'observe souvent aux étapes plus
opérationnelles de la démarche de développement territorial, s'observe en Pays
Corbières & Minervois, par la diminution du nombre d'adhérents au Conseil de
développement : un groupe d'une quarantaine de citoyens reste mobilisé sur
des enjeux partagés et prend une part active dans des actions représentatives
d'orientations souhaitables pour le territoire. Ce collectif proposera à l'Assemblée
générale de 2008 d'expérimenter, autour du thème de l'éco-construction, de
nouvelles modalités de participation. On mesure aujourd'hui que ce travail a
permis :
la mise en place d'actions concrètes et visibles : chantiers-écoles en éco-
·
rénovation de logements sociaux communaux ; ouverture d'un « Village de
l'Energie et de l'Eco-construction » au sein de la Foire populaire de Promaude ;
la mobilisation de compétences transversales pour croiser les enjeux d'emploi-
·
formation, de logement social, de lutte contre la précarité énergétique et de
promotion des techniques écologiques de la construction et de la rénovation ;
la mixité des participants : élus, professionnels, structures techniques, simples
·
habitants et réseaux militants débattant au sein des instances de réflexion ou
de pilotage ;
de conduire des actions pilotes « structurantes », porteuses d'exemplarité
·
ou d'innovation, en appui à des changements de pratiques et en soutien aux
filières économiques locales.
Pendant trois ans, il a fallu s'obstiner pour dépasser de nombreux obstacles
techniques et financiers, informer et convaincre élus locaux comme grand public
et maintenir le cap sur les valeurs fondamentales défendues. En 2011, la Fondation
de France a accepté d'apporter son soutien à l'ensemble du projet impulsé
par cette initiative du Conseil de développement avec l'objectif, à trois ans, de
constituer un dispositif et pôle d'appui pour le développement de logements
sociaux et écologiques en milieu rural. Cette intervention a été reçue comme
une reconnaissance et un encouragement pour poursuivre la démarche dans
cette voie participative et active. Mais si celle-ci commence à faire ses preuves,
la thématique de l'éco-habitat, par sa technicité et sa perception d'une pratique
marginale, pourrait avoir tendance à maintenir la participation dans des cercles
d'initiés.
Fin 2010, l'Association annonce son nouveau projet « fédérateur », placé
sous le slogan du « Pays dans notre assiette ». Il rencontre une audience plus
large et renouvelle les réseaux citoyens mobilisés. Si ce nouveau thème entre