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Les structures de lobbying
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Le lobbying est un pilier de la démocratie participative nord-américaine, et plus
généralement anglo-saxone. Il peut être professionnel (entreprises, syndicats...)
ou citoyen (ONG, associations diverses...). Les lobbys sont organisés pour
représenter et défendre les intérêts particuliers d'un groupe. Ils mènent des
actions dans les médias, de façon directe auprès d'un acteur public, sont actifs par
les dons faits lors des campagnes électorales, et jouent enfin un rôle de « think
tank », club de réflexion qui est un outil d'influence important auprès des pouvoirs
publics. En 2005 aux États-Unis, on dénombrait environ 34 000 lobbys, ce qui
représentait à peu près un budget de 2,1 milliards de dollars. Ainsi le lobbying
constitue un contre-pouvoir des pouvoirs publics.
A titre d'exemple, le Parc Naturel Régional des Catskills situé dans l'Etat de
New York consacre une partie importante de son activité et de son budget au
lobbying. Alan White, directeur, explique : « Je démarche un fichier de particuliers
qui ont des ressources et les persuade de faire des dons (déductibles des impôts)
sur des sujets qui les passionnent et sur lesquels ils souhaitent s'engager (défense
de l'environnement, de la faune et de la flore, accueil de populations, actions
culturelles...). Les dons sont alors uniquement utilisés sur des actions allant dans ce
sens. » L'intention du donneur est toujours préservée. Le lobbying se fait toujours
avec de l'argent privé et les subventions publiques ne sont pas utilisées à cet effet.
Ainsi, de par les sources de financement de la structure, cette ONG représente
environ 1 000 unités familiales au niveau local, donc un électorat conséquent. Ces
familles pèsent politiquement et financièrement sur ce territoire et au-delà. Le
Parc se positionne alors comme lobby environnemental.
Des lieux d'action citoyenne : les traditionnelles « public hearings »
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(audiences publiques)
Les Public Hearings constituent un véritable outil de démocratie directe. Très
cadrées juridiquement, elles sont l'endroit privilégié de l'action citoyenne. Dans
l'État de New York elles sont obligatoires pour certaines décisions publiques,
telles que les zonages (modifications de PLU), les opérations d'aménagement,
les décisions des « school boards » sur l'éducation et pour toute autre décision
importante prise par un acteur public (city, village, town, Comté ou Etat fédéral).
Les citoyens, seuls ou en groupes, peuvent remplir une fiche-projet avec leur
proposition alternative (sorte de motion de censure) qu'ils présenteront lors de
l'audience publique. S'ensuivra un débat public qui aidera la commission à prendre
sa décision finale.
De façon générale, ces audiences sont très utilisées par les groupes d'action
locale. C'est souvent l'endroit d'affrontements sur la politique publique locale
pour attirer l'attention des médias. Cela peut être un outil efficace si les acteurs
sont organisés en amont et aval pour anticiper et poursuivre le combat ou les
propositions.
1.3. Un « modèle » américain exemplaire ?
Les formes de gouvernance associant secteur public et privé recouvrent des
situations de participation multiples, mais aussi, dans certains domaines,
des incitations fortes pour les citoyens à s'organiser pour pallier l'absence
d'intervention publique par des initiatives et financements autonomes, soutenus
néanmoins par des incitations fiscales. Cependant, dans des cas où la logique
du privé l'emporte, il existe des risques qui limitent les formes de participation.
Ainsi, les types d'actions à mettre en oeuvre peuvent être fonction des logiques et
idéologies des acteurs qui les portent. Si dans le cas des structures de lobbying,
il semble qu'il y ait un certain équilibre entre différents courants de pensée, on
note par contre au niveau des actions sociales des tentatives de prosélytisme de
certaines organisations, ou des choix d'actions qui peuvent manquer d'objectivité,
comme en témoigne par exemple le refus de « Catholic Charities » d'accompagner
un programme en lien avec l'avortement ou la contraception. De même, au
nom du principe de liberté promu par le Premier amendement, les initiatives
d'adoption d'une partie de route ou de forêt peuvent être le fait d'organisation
les plus diverses, y compris celles dont les objectifs seraient polémiques et qui