background image
110
111
«
·
Adopt a highway »...
Ce programme, inventé dans les années 1980 par un particulier, permet à toute
personne ou organisation de pallier le manque d'intervention publique en prenant
en charge l'entretien d'une partie d'une route, ou d'une forêt... et de pouvoir en
contrepartie se faire de la publicité. C'est ainsi que des panneaux de promotion
des donateurs (une école, une entreprise, un club, une association, voire même
une famille ou une personne) « fleurissent » un peu partout (photo).
L'université au service de la communauté
·
Parmi les acteurs privés incontournables dans la « coalition de gouvernement »,
l'université - dans les villes universitaires - occupe une grande place dans la vie
de la cité non seulement par son poids économique mais aussi par sont rôle
dans le processus décisionnel. Oneonta, « capitale » du Comté d'Ostego (15 000
habitants), ne déroge pas à la règle. Avec ses deux campus universitaires,
cette ville profondément rurale à quatre heures de route de New York est une
ville universitaire. Plus d'un tiers de sa population est composé d'étudiants, de
professeurs ou des personnels administratifs de ces structures. Dès lors, les
infrastructures de l'université (terrains de sport, musée, salle de spectacle,
bibliothèque), sont également à disposition des habitants de la ville. Les
événements culturels ou sportifs de l'université sont par ailleurs totalement
intégrés aux activités culturelles de la commune. Des partenariats sont tissés
entre la ville et l'université pour participer aux réflexions sur le développement
de la ville. L'université met ainsi à disposition un service d'étude (Centre pour le
Développement économique de la communauté, doté de 5 personnes) qui travaille
comme cabinet d'études en partenariat avec la sphère publique sur des projets liés
à la sécurité publique, aux infrastructures ou au développement social. Il réalise
ainsi pour le compte de la ville ou du Comté des études sur le logement social, sur
le développement du centre ville, ou dernièrement, sur les avantages et risques
d'une éventuelle coopération intercommunale... Il participe par ses conseils à
la conduite du changement des collectivités, au développement d'un réseau de
leaders dans la communauté, à la diffusion et l'organisation de l'information au
bénéfice de la communauté.
La culture associative
·
Une étude réalisée par l'université de Cornell (Eberts, 2009) montre que dans le
Nord-Est des États-Unis, 27 % des habitants sont membres d'une Eglise, 17 % d'une
association professionnelle (en lien avec l'école ou les sports), 11 % d'associations
en lien avec un loisir (jeunesse, services, culture...), 13,5 % d'un syndicat, 4 % d'une
association politique. Enfin, 45% des citoyens sont membres de plus de deux
associations. Ce « capital social » s'implique et finance les activités publiques. Il y a
ainsi dans le comté d'Ostego - qui compte uniquement 60 000 habitants - environ
600 associations et organisations non gouvernementales reconnues (dont la
charte a été validée par l'État de New York) auxquelles il faut encore ajouter toutes
les organisations non déclarées au registre d'État ! Les Américains qui s'identifient
beaucoup à leur endroit de vie ou à l'école dans laquelle ils ont étudié s'engagent
dans ces structures à la fois par le bénévolat, mais aussi en faisant d'importantes
donations, déductibles des impôts.
A travers ces associations, on peut observer la création d'un vrai partenariat
public-privé au niveau de la gouvernance locale. Ainsi Woody Tash, pionnier de
la philanthropie (business angel) animé par l'engagement citoyen, a fondé « Slow
Money » en 2008 : cette organisation non gouvernementale vise à réorienter et
investir les capitaux locaux dans de petites entreprises alimentaires, et à connecter
les investisseurs (c'est-à-dire les citoyens) à leur économie locale. Sur son site,
l'association appelle à s'inscrire pour adhérer aux principes « slow money » et
rejoindre leurs groupes d'investisseurs. L'objectif est qu'un million d'Américains
investissent 1 % de leur patrimoine dans les entreprises alimentaires locales dans
les dix prochaines années.