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d'autre part, par l'activité urbaine de Manhattan, fortement exposée aux crises
financières (selon Jim Seward, Sénateur de l'État de New York, 20% du revenu de
l'État provient du district financier de Manhattan). L'organisation administrative
de l'État est le fait de 62 comtés, chacun étant régi par son propre règlement
(home rule). On observe une très grande diversité de situations entre le comté le
plus peuplé (Kings, en banlieue de New York, qui compte 2,4 millions d'habitants
et 6 ou 7 sénateurs) et le moins peuplé, Hamilton, au nord, (5 000 habitants, soit
1,2 habitants par km2). Il est donc là encore nécessaire de prendre un exemple
particulier, à savoir le comté d'Otsego (62 000 habitants), sur lequel l'étude
s'appuie. Ce système de réglementation fortement territorialisée induit une
structure complexe que l'on pourrait qualifier de « mille-feuille à l'américaine » avec
des Towns (communes), des villages, des villes, sachant que ces towns peuvent ou
non entourer un village ou une ville tout en ayant un statut et une règle (home
rule) différents. Cela provoque parfois des situations aberrantes, notamment
l'hiver où il peut arriver de trouver une route partiellement déneigée avec un tas
de neige barrant la route, à l'endroit où s'arrête le périmètre d'intervention de
telle ou telle commune. En outre se superposent des districts scolaires gérés de
façon autonome sur la base d'autres périmètres (districts de gestion de l'eau, des
pompiers...)
Malgré cette complexité, on n'observe pas ou peu de coopération intercommunale.
En effet, plutôt que de s'associer avec d'autres communes, les autorités locales,
dont les moyens financiers sont limités¹ préfèrent trouver des accords de
coopération avec les acteurs économiques privés. Elles créent ainsi des « coalitions
de gouvernement » ou délèguent certains services à des organisations sans but
lucratif implantées localement (par le biais de « grants-in-aid »).
Figure 4 : Structure des 62 Comtés de l'État de New York
et détail du Comté d'Otsego
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Un sénateur représente 300 000 habitants, ce qui conduit à des disparités spatiales de représentation.
¹ La base fiscale des gouvernements locaux (city ou towns) permet de couvrir environ 70 % de leur budget,
composé pour 30 % de taxes foncières (property taxes) qui sont les seules à ne pas dépendre de l'activité
économique.
1.2. Quelques exemples des formes de participation du
secteur privé à la gouvernance locale
Les spécificités structurelles, notamment l'importante culture de la philanthropie
et de l'aide privée, mais aussi la faiblesse des fonds publics, conduisent ainsi le
secteur privé à jouer un rôle important dans le champ d'intervention du secteur
public, à travers de multiples voies.
Un système «
·
faith-based »
Une des particularités du système américain est l'importance de l'intervention
et des financements des organisations religieuses dans la politique locale. A
Oneonta, ville de 15 000 habitants, on ne compte pas moins de 37 Eglises ! Leur
action couvre la presque totalité de l'intervention publique sociale de la ville. A
titre d'exemple, « Catholic Charities » (Secours Catholique) se partage le marché
public du secteur social (subventions de l'État et du Comté) avec le département
social issu du Comté, afin de mettre en place certaines politiques publiques
sociales sur le territoire : les Food Stamps, le logement social, l'aide aux personnes
âgées ou à l'enfance en danger, etc.