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EVALUATION DE LEADER (AXE 4 DU FEADER) EN LANGUEDOC-ROUSSILLON
Pour la période 2007-2013, LEADER constitue l'axe 4 du FEADER. Il fait suite à trois
programmes d'initiative communautaire (LEADER 1, LEADER 2 et LEADER+). Pour la
période actuelle, LEADER est donc intégré au Programme de Développement Rural
Hexagonal (PDRH) et soumis aux seules obligations d'évaluation au niveau national.
En Languedoc-Roussillon, le choix a néanmoins été fait de réaliser une évaluation de
LEADER au niveau régional dans le cadre du Réseau Rural Régional avec un comité de
pilotage spécifique.
A mi-parcours de la période de programmation, les objectifs de l'évaluation sont les
suivants :
réaliser un bilan financier et physique ;
·
analyser la mise en oeuvre de LEADER en Languedoc-Roussillon ;
·
analyser la valeur ajoutée de LEADER et les premières réalisations ;
·
dégager collectivement des pistes d'amélioration pour le programme en cours et
·
pour le prochain programme post 2013.
Ce travail d'évaluation réalisé en interne constitue tout à la fois une évaluation de la
gouvernance (analyse de la mise en oeuvre de LEADER en Languedoc-Roussillon aux
niveaux régional, départemental et local avec la particularité du partenariat public-
privé spécifique à LEADER dans le cadre des comités de programmation des GAL) et
une évaluation pour la gouvernance, puisque l'ensemble des acteurs de LEADER en
Languedoc-Roussillon ont accepté de participer à cet exercice. Les résultats de cette
évaluation sont disponibles sur http://www.reseau-rural-languedoc-roussillon.eu/
REFERENTIEL D'EVALUATION DE L'INNOVATION SOCIETALE ET
TERRITORIALE
Dans le cadre d'une étude pour le Fond Européen de développement régional, le
Cabinet de consultants Edater a proposé une grille d'évaluation des programmes
et projets qui comporte les sept critères suivants : caractère innovant du projet,
contexte territorial, contexte sectoriel, public visé, modes de gouvernance, conditions
d'émergence du projet, adaptabilité et évaluabilité du projet. Concernant les modes
de gouvernance, quatre questions-clés sont proposées : le projet encourage-t-il les
démarches multi acteurs ? Le projet prévoit-il l'emploi de nouveaux outils ? Le projet
prévoit-il la co-élaboration de produit et de services entre entreprises/institutions
publiques et populations concernées ? Et, enfin, le projet contribue-t-il au développement
des usages des NTIC ?
Tableau 2: Typologie des effets des dispositifs participatifs à partir de la littérature
scientifique
Acteurs publics
(Effets internes pour les élus et les structures)
Acteurs privés
(Effets externes pour les participants)
Diffusion de l'information et apprentissages
Amélioration des interactions entre services
Diffusion d'information auprès des publics
Éducation des citoyens
Aide au suivi de la mise en oeuvre
Apprentissage social (information et formation)
Création d'un espace de publicisation des
problèmes
Reconnaissance et légitimité des acteurs
Accroissement de la confiance des acteurs dans
l'institution porteuse
Renforcement de l'autorité de l'institution porteuse
Légitimité et respectabilité accrue
Accès à des ressources symboliques
Rituels permettant le renforcement du groupe
Légitimité et respectabilité accrue
Reconnaissance des acteurs faibles
Reconnaissance de problèmes communs
Renforcement des proximités
Fidélisation de la population vis-à-vis de l'institution
Mobilisation des acteurs et mise en réseau
Rapprochement acteurs publics et privés
Renforcement des réseaux sociaux
Amélioration du bien-être collectif et individuel
Réduction des conflits
Régulation de l'incertitude
Estime de soi des participants
Appropriation d'une citoyenneté active
Source : Rey-Valette et Mathé, 2011.
4.3. Quels sont les apports de l'évaluation participative à
la gouvernance ?
Évolution de l'évaluation
En même temps qu'elle se généralise, le champ de l'évaluation - largement focalisé
autour de l'analyse coût/avantage - s'élargit en intégrant d'abord les effets non
marchands, ensuite les effets sociaux dans les méthodes traditionnelles, puis en
renouvelant les méthodes au profit d'approches participatives et multicritères,
ainsi que le recommande le référentiel pour l'évaluation des projets territoriaux
(CGDD, 2009). Ainsi, Varone et Jacob (2004), dans leur revue de l'évaluation à
l`échelle européenne, montrent que les approches récentes de l'évaluation des
politiques publiques, au lieu de chercher à stabiliser des standards, mettent en
exergue le caractère « protéiforme du processus d'évaluation ». Dans son rapport
sur les modalités d'intervention publique face aux enjeux du développement
durable, le Commissariat Général du Plan souligne qu'il ne suffit plus d'évaluer
les résultats, mais bien les processus et l'esprit des politiques. Celles-ci se doivent
d'être à la fois intégrées et concertées, donnant lieu à des démarches multiples
comme la recherche-action, l'auto-évaluation, l'évaluation externe, l'évaluation
procédurale, l'évaluation concertée, etc. (Ayong-le-Kama, 2005). L'évaluation
est donc devenue plus qualitative et plus participative, en réponse au constat
des experts estimant impossible d'adopter un point de vue objectif, mais aussi
en réponse à la faiblesse de l'utilisation directe des résultats de leurs évaluations