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GUIDE DE LA CONDUITE DE PROJET DU DEPARTEMENT DU GARD
Compte tenu de l'augmentation de son périmètre de compétences et des conséquences
de l'action départementale au-delà des politiques qu'il conduit, le Conseil général
du Gard à choisi de travailler en mode projet sur certains sujets transversaux. Une
formation, un guide et un accompagnement ont été élaborés pour tous les chefs de
projets afin d'harmoniser les pratiques et de mieux piloter les projets transversaux à
l'échelle de la collectivité.
Le guide de conduite de projet. Il précise le rôle de chaque acteur, décrit les instances
de décision, définit les cinq étapes-clés d'un projet et donne les outils en usage dans
la collectivité.
La formation des responsables de projets. Le guide est complété par une formation
des responsables des projets afin de leur permettre de s'approprier les outils communs
à toutes les démarches de projets de la collectivité.
L'accompagnement par l'assistant de projet. Les chefs de projet sont rattachés à
un directeur de projet, membre de l'équipe de direction générale, laquelle constitue
également le comité de pilotage de tous les projets transversaux de la collectivité. Un
assistant de projet dédié à l'accompagnement de l'ensemble des acteurs des projets
a pour rôle :
de permettre une bonne articulation entre le fonctionnement en mode
·
hiérarchique et en mode projet ;
de planifier les étapes de validations ;
·
et d'apporter un conseil technique permanent.
·
Chapitre 4. Renforcer l'évaluation des dispositifs
de gouvernance
Les relations entre gouvernance et évaluation sont plurielles, notamment selon
qu'il s'agit de considérer l'évaluation en général et ses impacts sur la gouvernance
ou lorsque il s'agit d'évaluer les dispositifs de gouvernance. Du fait de leur
spécificité, notamment leur caractère qualitatif et les délais liés aux inerties et
aux besoins d'apprentissage, ces dispositifs supposent des méthodologies
d'évaluation adaptées. Le tableau suivant propose une sorte de typologie des
relations. On peut souligner qu'il existe encore peu d'évaluation spécifique des
dispositifs de gouvernance et que la plupart des initiatives et démarches qui sont
menées se heurtent aux difficultés de mesure des effets d'un pilotage ou d'une
participation accrus. De fait, elles portent souvent sur les seules procédures.
Des évaluations non ciblées sur la gouvernance mais qui contribuent et
renforcent la gouvernance
Évaluation pour la gouvernance
Elles permettent d'améliorer certaines
procédures
et de renforcer le pilotage
Elles favorisent le dialogue et
l'expression des points de vue,
surtout si elles sont réalisées de façon
participative. Elles constituent une
opportunité de réflexivité propice aux
apprentissages.
Des évaluations ciblées sur le contexte socio institutionnel et les dispositifs
de gouvernance
Évaluation de la gouvernance
Elles peuvent être axées sur les
procédures et les modalités en vue
de montrer le caractère équitable et
transparent des dispositifs
Elles peuvent aussi appréhender
l'évaluation des résultats et des effets,
notamment le renforcement de la
démocratie locale
Pourtant, les enjeux de l'évaluation des effets de la mise en oeuvre de dispositifs
de gouvernance innovants sont majeurs. Il s'agit d'une part de montrer les gains
d'efficacité organisationnelle (capacité à agir dans l'incertitude, amélioration
du pilotage, de la cohérence par une meilleure coordination et synchronisation
des actions) et, d'autre part, les économies budgétaires résultant d'un pilotage
renforcé. Il s'agit aussi plus généralement de montrer l'amélioration de l'efficacité
des politiques publiques ainsi que le fait qu'elles sont mieux intégrées en termes
de prise en compte de la conservation des écosystèmes et de la qualité de vie
des populations. Concernant le volet participatif, l'engouement récent pour
ces démarches suscite des besoins de retour d'expériences, à la fois pour en
montrer les plus-values et tenter de standardiser et de simplifier les protocoles.
Ces questions spécifiques d'évaluation de la gouvernance supposent bien
évidemment des acquis et une culture de l'évaluation des politiques en général.
Or, en dehors des projets européens pour lesquels l'évaluation est obligatoire,
et qui ont joué un rôle important dans la diffusion d'une culture de l'évaluation
publique en France et en Europe (Varone et Jacob, 2004), force est de constater
que les pratiques d'évaluation restent encore relativement peu répandues, et
sont le plus souvent confiées à des cabinets de consultants spécialisés. Divers
réseaux tentent de promouvoir ces pratiques de façon générique quel que soit
le domaine - comme la Société Française d'Évaluation - ou de façon spécifique à
un domaine - comme pour l'évaluation des projets de développement durable qui
a donné lieu à de multiples guides ainsi qu'à un référentiel récemment produit
par le Commissariat Général au Développement Durable à l'issue d'une large
consultation (CGDD, 2009). On ne reviendra pas ici sur la question de l'évaluation
en général qui est un sujet à part entière et dont il est admis qu'elle contribue