background image
66
67
d'autres situations, on peut démarrer par des focus groups au cours desquels on
échange sur les expériences, les résultats et les difficultés rencontrées dans la
mise en place des actions collectives. Dans le cas où les acteurs ont l'habitude
de travailler ensemble, on peut imaginer la mise en place d'une expérimentation
dont l'objectif serait d'explorer les « mondes possibles ». Il convient de ne pas
oublier le diagnostic participatif et collectif qui permettrait, en tant qu'objet
intermédiaire, de connaître la situation, de produire des pratiques de travail et un
langage commun ainsi que des données pour élaborer des projets locaux.
Nécessité de changer de paradigme : la gouvernance doit permettre
d'apprendre autrement
Un des enjeux majeurs de l'apprentissage relatif à la gouvernance est le fait
qu'il faille apprendre à gérer la complexité avec moins de moyens. Il en résulte
un besoin en formation des agents qui doivent être plus polyvalents, mais aussi
en création d'outils de mutualisation adéquats et en généralisation de chartes et
protocoles de fonctionnement collectif.
La gouvernance territoriale doit faire émerger un nouveau paradigme de
l'action collective territoriale. Celui-ci doit s'appuyer ou prendre en compte
le développement durable dans sa forme triptyque - environnement, social,
économique - et modifier la posture de recherche qui doit se faire plus proche
des acteurs (recherche-action, recherche-intervention, recherche collaborative,
co-conception). Ce nouveau paradigme, qui doit mettre au centre la participation
des acteurs et les principes démocratiques, nécessite de nouvelles compétences.
Il est nécessaire de sortir du langage technocratique et d'avoir des compétences
d'écoute et de traduction des langages d'un domaine à l'autre : les compétences
doivent favoriser la polyvalence fonctionnelle. En cela, elles nécessitent d'associer
plusieurs registres de savoir-faire :
Savoir écouter ;
·
Savoir observer ;
·
Savoir restituer ;
·
Savoir traduire ;
·
Savoir mettre en relation (compétence de réseau).
·
Ainsi les dispositifs de collaboration sont à la fois des « lieux » et des techniques
qui favorisent l'échange. La collaboration exige de partager non seulement des
informations, mais aussi des vécus, des expériences... Ce sont des moments où
l'on peut fabriquer de la confiance et du sens commun. Ils doivent donc viser de
tels objectifs et privilégier le rapprochement entre les acteurs.
LES CONCEPTS
D'APPRENTISSAGE ORGANISATIONNEL ET D'ACCOMPAGNEMENT
L'apprentissage organisationnel désigne le processus collectif par lequel les acteurs
vont acquérir de nouvelles connaissances, de nouveaux savoir-faire et de nouvelles
compétences, nécessaires à l'élaboration d'un langage commun et à la maîtrise de
règles, de normes et de pratiques de fonctionnement et de travail collectif sans
oublier la définition d'un système d'évaluation. L'ensemble de ces éléments permet
d'assurer les coordinations nécessaires à toute action collective. Les innovations
organisationnelles correspondent aux changements dans les façons de travailler et de
se coordonner qui permettent d'améliorer le fonctionnement des territoires.
La notion d'accompagnement met l'accent sur le fait de « cheminer ensemble ». Tandis
que le coaching se développe dans la sphère du travail et de la création d'activités,
l'accompagnement collectif dans le cadre des projets de territoire associe des logiques
issues du management et de l'action sociale avec des finalités qui se construisent
chemin faisant. Les multiples définitions renvoient à différents registres et différentes
pratiques, telles que le parrainage, le compagnonnage, la médiation éducative, la
médiation sociale, le counselling, le conseil, le coaching, le tutorat... (Tallon, 2011).
APPRENTISSAGE ET PARTAGE D'EXPERIENCES EN RESEAU :
LE CAS DU RESEAU RURAL EN LANGUEDOC-ROUSSILLON
Le Réseau Rural Languedoc Roussillon, maillon de proximité du réseau rural
européen et national, est mis en oeuvre pour accompagner la politique européenne
de développement rural. Il a pour objectif de faciliter les échanges en tant qu'outil
de dialogue entre les acteurs du développement rural, de décloisonnement, de
capitalisation, de diffusion, de réflexion et de prospective en s'appuyant sur des
réseaux et outils existants, à créer ou à développer (site internet, lettre d'information
et outils pédagogiques...). Il accompagne également les GALs LEADER dans la mise en
oeuvre de leur projet de territoire et dans leurs actions de coopération inter-territoriale
et transnationale. http://www.reseau-rural-languedoc-roussillon.eu/
La gouvernance territoriale nous impose de mobiliser un grand nombre d'acteurs
au niveau local (principe participatif de la gouvernance territoriale), y compris
les acteurs publics. La co-construction consiste à élaborer des projets en tenant
compte de l'ensemble des objectifs et possibilités des acteurs engagés dans le
processus. Il s'agit donc d'identifier les objectifs des acteurs, en particulier les
points de tension ou de recoupement avec le projet collectif en construction,
mais aussi les spécificités des savoirs tacites qui, parce qu'ils relèvent de
l'expérience acquise, sont contingents et peu transmissibles. Compte tenu de ce
caractère contingent des dispositifs, des connaissances, des apprentissages...
la gouvernance territoriale interroge la façon d'organiser la convergence de ces
situations territorialisées.