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où le contenu, les démarches et le profil du formateur restent à définir selon la
situation, la trajectoire des participants, le temps dont on dispose et les objectifs
poursuivis. Il convient en effet de rappeler ici que la gouvernance territoriale n'est
pas seulement un phénomène complexe, mais aussi un phénomène contextuel
(situé) dont la formation, entre autres, doit tenir compte. Dans ce contexte de
transformation de l'action publique, ces processus d'apprentissage ont un rôle
déterminant pour garantir une participation élargie des acteurs. Ils concernent bien
évidemment les techniques d'animation et d'organisation de la participation, mais
aussi des apprentissages d'exploration qui doivent permettre aux acteurs d'élaborer
des stratégies à moyen terme, d'envisager de nouvelles activités, de nouveaux
découpages, etc. car les concurrences entre les territoires deviennent de plus en
plus importantes. Divers domaines d'apprentissage sont identifiés : la conduite de
projets, l'animation de dialogues, l'organisation de réunions, de groupes de travail,
l'élaboration de tableaux de bord de suivi des actions, la gestion d'outils web
collaboratifs. Dans les faits, beaucoup de changements se font de façon informelle
et sont souvent en fait l'occasion de ré-agencer les choses existantes.
EXEMPLE DE FORMATION DES ACTEURS
DANS LE CADRE D'UN PROCESSUS PARTICIPATIF
Depuis 2009, le Conseil général du Gard a mis en place une nouvelle politique
départementale de transports interurbains (« Edgard ») dont la gestion a été confiée au
privé, mais en renforçant la transparence et la concertation avec les parties prenantes
et bénéficiaires de cette politique. Ainsi l'Observatoire citoyen des transports
départementaux (OCTD), permet de débattre des conditions de mise en oeuvre et de
gestion du service de façon à améliorer la qualité du service rendu. Installé pour une
durée de trois ans en 2010, l'OCTD réunit 60 membres relevant de trois catégories :
des citoyens divers (zone, âge, sexe, CSP), des associations (environnementales, de
défense des consommateurs, de personnes en difficultés, de parents d'élèves) et
des élus locaux (un représentant de chacune des trois Agglomérations gardoises et
deux représentants de chacun des six Pays (aucun conseiller général)). Trois grandes
fonctions lui ont été assignées : l'observation de la qualité du service rendu aux usagers,
l'évaluation de la politique départementale des transports, et la prospective.
Dès sa mise en place, le Conseil général a souhaité que les membres de l'OCTD
puissent être formés, de façon à homogénéiser les savoirs, pour permettre un
dialogue efficace et produire des propositions muries et réalistes. Une formation
préalable a permis à chacun d'acquérir un niveau homogène de connaissances sur la
politique des transports, la délégation de service public, l'organisation administrative
des transports gardois. Par la suite, des formations spécifiques ont été dispensées sur
l'évaluation des politiques publiques et l'évaluation de la qualité d'un service, afin que
les membres de l'Observatoire puissent élaborer leur propre batterie d'indicateurs et
la démarche prospective.
Après un an de fonctionnement, le bilan provisoire de la formation est positif. La
qualité des productions et propositions témoigne de la bonne compréhension de la
politique, tandis que les résultats de l'enquête réalisée auprès des membres de l'OCTD
montrent que 70 % d'entre eux (83 % pour la catégorie des citoyens, 66 % pour les
associations et 60 % pour les élus) ont accru leurs connaissances et perçu l'intérêt de
la formation en termes d'acquisition de compétences. De même, 70 % des répondants
souhaiteraient avoir des formations complémentaires régulièrement tout au long
du processus. Enfin, il convient de noter que le travail de l'OCTD, en particulier sur
l'évaluation, a réellement permis d'enrichir celui de l'administration.
LES ATELIERS DU PAYS DU GEVAUDAN-LOZERE :
UN TEMPS DE SENSIBILISATION/FORMATION, D'ECHANGES ENTRE
ACTEURS ET DE MOBILISATION AUTOUR DU PROJET DE DEVELOPPEMENT
Après une participation forte lors de l'élaboration du projet de développement
du Pays (charte et schémas plus thématiques), il était important pour l'équipe
d'animation de faire vivre ces stratégies de développement en engageant les acteurs
à la réalisation d'actions. C'est à ce moment-là que les ateliers du Pays ont été mis
en place et ouverts à tous ceux qui pouvaient trouver un intérêt aux thématiques
abordées (avec communication presse, affiches...). Un atelier-type, c'est d'abord un
temps de présentation avec le rappel rapide de la stratégie de développement qui a
été construite avec les acteurs. C'est ensuite la présentation d'expériences réussies
(mais pas forcément faciles et évidentes) qui concrétisent localement la stratégie ou
qui illustrent que « ça peut être fait ici puisque cela marche ailleurs ! » Un temps de
débat se met alors en place au cours duquel les personnes intéressées confrontent
leurs idées aux expériences présentées. Ce temps de débat se termine par un moment
convivial (« pot » ou repas parfois) à l'occasion duquel les différents acteurs se parlent
et où naissent des partenariats et des actions d'animation futures pour l'émergence de
projets collectifs. Par exemple, en 2010, un atelier concernait le matériel adapté pour
permettre aux personnes handicapées de pratiquer des activités de pleine nature. Ce
thème était directement issu de la stratégie « Gévaudan Pour Tous » en faveur du
développement d'une destination touristique accessible. Des expériences de partage
de matériel ont été présentées et le matériel testé par les acteurs présents. A l'issue
de cet atelier, une réflexion a été proposée pour la constitution d'un pool de matériel
avec les acteurs intéressés. Ainsi, avec cet outil des ateliers du Pays, nous essayons
avec les acteurs locaux de passer de la stratégie à l'action en apportant l'expertise
et/ou l'expérience nécessaire pour transformer l'idée en projet ou pour passer d'une
démarche individuelle à une démarche collective.
La gouvernance doit être pensée comme un processus permettant
d'apprendre ensemble
L'apprentissage dans les processus de gouvernance territoriale doit suivre le
principe dit « chemin faisant », en veillant à la flexibilité et à la souplesse. Il s'agit
de partager des pratiques, voire des rituels, de façon à établir progressivement
des normes de fonctionnement. Dans certaines situations, on peut commencer
par des formations « classiques » en faisant appel à des intervenants extérieurs
pour faire connaître les fondements des règlements, expériences, etc. Dans