background image
60
61
...
« Bien différencier l'information en direction du plus grand nombre : de la consultation
des usagers sur leurs attentes et besoins ; de la concertation ; de la participation et enfin
de l'implication des acteurs ».
« Modifier le processus de décision et de mise en oeuvre de cette décision, faire évoluer
les pratiques et les savoir-faire de la collectivité en interne, mais aussi avec les partenaires,
les habitants, les usagers. Co-produire génère un changement de nature du rôle du
politique et des agents municipaux. Ils deviennent moteurs d'une démarche (animateurs
ou formateurs) et fédérateurs d'acteurs et de dynamiques. Ce processus de changement
demande de développer des efforts particuliers en termes de méthodes et d'animation ».
Comment créer les bonnes conditions de la coproduction ?
« Mettre l'ensemble des acteurs au même niveau de connaissance du territoire par le
dialogue et la formation ».
« Rendre l'information transparente et accessible par tous. Ceci nécessite de construire
un langage commun, d'être vigilant sur les mots employés qui peuvent parfois être
interprétés différemment, de vulgariser les politiques et de former les acteurs ».
« Mettre en commun les informations et développer le partage de cette information ».
« Associer d'une façon nouvelle les acteurs pour définir collectivement l'avenir du
territoire ».
« Renforcer les instances de concertation existantes (ateliers urbains, comités de
quartiers, Conseil de développement, Conseil économique et social) et créer dans la durée
des dispositifs adaptés (débats et restitution de débats, forums, ateliers thématiques,
ateliers développement durable), multiplier les lieux de rencontres, les temps (horaires
adaptés aux différents acteurs), créer des outils d'échanges et d'informations, ou encore
développer de nouvelles pistes de travail ».
« Identifier des référents en interne à la collectivité et en externe ».
« Réfléchir sur des outils et des techniques d'animation ».
« Mettre en place une approche pragmatique et privilégier au départ des actions
concrètes, simples et visibles à réaliser pour crédibiliser la démarche et ne pas décourager
les acteurs impliqués ».
« Expliquer les temps (quand, pourquoi, comment les choses doivent se faire et à quels
moments, en fonction des subventions à mobiliser, des procédures, des programmes, de
la contractualisation). »
« Élaborer des plannings prévisionnels et les respecter, puis arbitrer les temps ».
Le recours à des outils d'animation innovants
La diversité des outils, en fonction des phases ou des actions, permet de choisir
les plus adaptés au moment ou au territoire. Certains cependant nécessitent des
compétences spécifiques ou des conditions adaptées (le haut débit par exemple
pour les outils numériques). De nombreux outils et démarches d'animation
innovants ont vu le jour ces dernières années, conçus autour de supports très
divers : ateliers prospectifs, démarches patrimoniales, modélisations multi agents
axées sur les interactions entre acteurs, jeux de rôles, créations de cartes, etc.
Quel que soit le type de démarche, la logique est de structurer les débats, de
faciliter l'expression des acteurs et de créer les conditions du dialogue facilitant
la connaissance par chacun des représentations et des objectifs des autres. Si
ces approches donnent lieu à de multiples expérimentations et publications par
les chercheurs, les outils mobilisés au quotidien restent le plus souvent assez
classiques, comme en témoigne cette enquête réalisée auprès d'un sous groupe
de participants (9 personnes) aux ateliers Gouv.Innov.
Figure 1 : Taux d'utilisation et de connaissance des outils d'animation
en appui à la gouvernance
PRECISIONS SUR LES CONFERENCES DE CITOYENS (Guihéneuf, 2008)
Définition et composition
Les conférences de citoyens constituent une modalité innovante de démarche
participative qui vise à éclairer la décision publique. Ces dispositifs permettent de
faire participer quelques dizaines de citoyens non organisés qui sont tirés au sort
et interviennent en petits groupes de façon à faciliter l'expression équitable de tous
les participants. Ces conférences permettent ainsi de partir des préoccupations de
la société pour construire des politiques susceptibles d'y répondre. Contrairement à
d'autres démarches, ce sont les participants qui définissent eux-mêmes les termes
du débat et qui choisissent les experts qu'ils souhaitent entendre. Il ne s'agit donc
pas d'une simple collecte de points de vue, mais, dans une logique de démocratie
délibérative, d'un avis fondé sur la délibération de citoyens ayant accès à toute
l'information souhaitable. Cette pratique est issue des cellules de planification initiées
en Allemagne dans les années 1970 par Peter Dienel pour la rénovation des quartiers
...